La théorie du grand remplacement fracture les sociétés maghrébines

La théorie complotiste du grand remplacement, née dans les cercles d’extrême droite européens, a trouvé un terrain d’expansion inattendu au Maghreb. Cette transplantation idéologique, particulièrement virulente au Maroc et en Tunisie, révèle et exacerbe des fractures profondes au sein de sociétés déjà éprouvées par les crises économiques et les tensions sociales.

Cette théorie a des conséquences dramatiques, notamment en Tunisie où le président Kaïs Saïed a tenu un discours raciste assumé, entraînant des violences contre les migrants subsahariens et les communautés noires locales. Au Maroc, c’est dans l’espace numérique que se déploie cette rhétorique toxique, avec des contenus alarmistes et conspirationnistes.

Les racines historiques de ce mal contemporain remontent à la traite transsaharienne, qui a laissé des traces profondes dans l’imaginaire collectif et les structures sociales. La période post-coloniale a vu l’émergence d’un récit national dans plusieurs pays du Maghreb qui privilégie une identité arabo-musulmane homogène, marginalisant de facto les composantes amazighes, juives, et africaines subsahariennes de ces sociétés.

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